الأحداث.. في حوار خاص مع الشاعر و الأديب Fadil MANCE - الأحداث المغربية - Alahdat
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الأحد, أكتوبر 24, 2021
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الأحداث.. في حوار خاص مع الشاعر و الأديب Fadil MANCE

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 Fadil MANCE  شاعر و أديب و باحث في الفيزياء الطاقية، فرنسي من أصول مغربية، و هو عضو في جمعية الشعراء الفرنسيين العريقة، عضو بأكاديمية الفنون و العلوم و الآداب الفرنسية. كما هو أيضا عضوا في جمعية أهل الأدب بباريس و في جمعية كتاب و شعراء الفرنكفونية. حصل على الميدالية الفضية من أكاديمية الفنون و العلوم و الآداب و على دبلوم الشرف من جمعية الشعراء الفرنسيين. وقد أصدر Fadil MANCE دواوين شعرية كما شارك في إصدارات جماعية مع أدباء فرنسيين أو ناطقين بالفرنسية.

ومن منبر جريدة الأحداث الإلكترونية ندعوكم لقراءة الحوار الذي أجريناه مع الشاعر و الأديب Fadil MANCE  للحديث عن نصوصه الشعرية و عن علاقته الحميمية ببلده المغرب حيث يجد إلهاما لبعض إنتاجاته.

Alahdat : Comment concilier la poésie et la science ?
Mance : Il est évidemment inexact de penser que la littérature, ou toute expression artistique en général, et la science sont vouées à s’opposer l’une à l’autre ou qu’elles sont inconciliables. Physicien, je ne peux qu’être émerveillé par l’harmonie et la beauté de l’infiniment petit comme par celles de l’infiniment grand. L’univers, dans ses différents états et manifestations, est une source inépuisable d’inspiration.

Alahdat : Comment choisissez-vous les thématiques de vos textes poétiques ?
Mance : Par nature, ou disons plutôt par tempérament intellectuel, je suis sensible aux idées dans leurs formes brutes lorsqu’elles s’imposent, même fortuitement, à mon esprit. Ensuite, l’affinité et la réflexion font leur travail dans le développement et le polissage.

Alahdat : On constate que le Maroc est très présent dans les thématiques que vous abordez.
Mance : Le Maroc est une civilisation millénaire, l’héritier de traditions ancestrales, un confluent des cultures, un berceau de la paix et de la cohabitation. Quelque nature que l’artiste adopte pour s’exprimer, il trouvera toujours de l’inspiration dans ses richesses, culturelles et humaines. D’ailleurs, vous avez reconnu dans la première de couverture de mon recueil Kharboucha le tableau « Comédiens arabes » peint par Eugène Delacroix et conservé au musée des Beaux-Arts à Tours. Le charme exercé par le Maroc sur cet artiste du XIXe siècle l’a conduit à réaliser plusieurs œuvres inspirées de traditions locales. Il a notamment peint le fameux tableau du sultan alaouite Moulay Abd-Er-Rahman conservé au musée des Augustins à Toulouse.

Alahdat : Que représente votre poème Un visage dans la lune dans le recueil L’horizon ?
Mance : C’est un poème clé du recueil. Le visage est celui du sultan Mohammed Ben Youssef et la lune est celle d’un soir de l’été 1953. L’image d’un peuple qui voit, ou imagine, le visage de son monarque dans la lune lorsqu’il apprend qu’il venait d’être exilé par l’occupant a marqué l’esprit de l’enfant que j’étais lorsqu’on me l’a décrite pour la première fois. C’est une image romanesque, une belle expression symbolique d’un amour d’ordre presque mystique liant le sultan avec son peuple, unis par la volonté commune et déterminée de recouvrer la liberté.

Alahdat : Comment avez-vous construit ce poème ?
Mance : J’ai construit ce texte de telle façon de mettre en avant la cohabitation qui a toujours régné au Maroc entre ses différentes composantes confessionnelles, ethniques ou linguistiques, mais également le rôle particulier qu’a joué Mohammed V dans la protection de ses sujets juifs contre le régime antisémite de Vichy. Le texte raconte l’histoire de deux jeunes amoureux, nouvellement mariés, une musulmane et un juif, tous deux engagés dans la résistance. Un soir, alors qu’ils contemplaient le ciel dans la douceur nocturne de l’été, ils aperçurent le visage du sultan dans la lune.

Alahdat : Comment vous est venue l’idée d’écrire sur Kharboucha ?
Mance : Je voulais écrire sur la femme marocaine lorsque l’image de Kharboucha s’imposa d’elle-même. C’est une personnalité fascinante. Kharboucha a réuni en elle-même des qualités qui sont aussi exaltantes les unes que les autres. Elle est l’artiste, la poétesse, la chanteuse, la meneuse d’hommes, la stratège, la femme audacieuse et courageuse qui sut s’affirmer et se distinguer dans une société masculine et tint tête à l’un des hommes les plus puissants dans sa région, le caïd Issa Ben Omar, en dénonçant avec un courage inouï et au prix de sa vie, l’injustice dont sa tribu était victime. Cette femme, à l’apparence informe et au visage buriné comme la décrivent les historiens, fascinait, par son charisme pénétrant et galvanisant, toutes celles et tous ceux dont le chemin croisait le sien. Ses chansons et poèmes donnèrent naissance à l’une des plus belles musiques populaires, ‘Ayta, qui mérite, à mon sens, d’être inscrite au patrimoine culturel de l’humanité comme le sont l’art gnaoua marocain et le reggae jamaïcain. Je suis tout heureux d’avoir fait découvrir cette femme exceptionnelle au lecteur français ainsi qu’à la communauté des poètes francophones. Un ami poète en a même fait la récitation dans une radio française.

Alahdat : Et ce texte Mariée à treize ans ?
Mance : C’est un poème décrivant le calvaire d’une fillette forcée de quitter l’école pour se marier. Le mariage des mineurs est un fléau qui sévit toujours dans certaines sociétés, un paroxysme de l’abjection dont sont victimes les êtres les plus vulnérables et les plus fragiles. Au Maroc où ce genre de mariage est interdit par la loi, des réflexions, d’après ce que j’ai lu dans certains articles, seraient menées afin d’éradiquer définitivement ce phénomène qui subsiste encore dans certains endroits reculés. Ces initiatives d’éradication sont dignes du Maroc d’aujourd’hui où des avancées importantes ont été enregistrées sur le plan de la protection de l’enfance.

Alahdat : Quels autres thèmes abordez-vous dans vos recueils ?
Mance : Outre les textes exprimant un certain vécu personnel ou une certaine vision de la nature et de mon environnement en général, j’essaie d’aborder des sujets en lien avec l’histoire, des personnalités historiques ou mythologique ou des lieux qui, d’une façon ou d’une autre, m’ont marqué. Vous trouverez, à titre d’exemples, un texte sur Socrate et sa rencontre avec la prêtresse Diotime qui a eu un effet notable sur toute sa ligne philosophique et initiatique, des poèmes sur le dernier grand maître des Templiers Jacques de Molay, sur les sept patrons de Marrakech, sur le grand rabbin et philosophe judéo-andalou Maïmonide, sur les villes de Fès et de Saint-Malo comme sur la belle mosquée al-Karawiyine ou encore sur la Synagogue Aben-Danan, l’un des joyaux des monuments de la médina de Fès.

Alahdat : Tout cela affiche une dimension œcuménique, n’est-ce pas ?
Mance : Nous vivons dans un monde où les différences génèrent encore des crispations alors qu’on est en vingt-et-unième siècle. Cela cause de nos jours, comme cela fut le cas dans le passé, des malheurs sans fin. La différence doit être célébrée comme une richesse au lieu d’être un subterfuge justifiant le rejet. La peinture, la littérature, la poésie, le sport, la science, la musique, le théâtre libèrent la pensée, élargissent les horizons, rapprochent les humains, brisent les préjugés et bâtissent des isthmes entre les cultures.

Alahdat : Un mot de conclusion ?
Mance : Merci à alahdat de cette opportunité qui m’a été donnée de m’adresser au lecteur marocain, un lecteur fin, cultivé et sensible et bonne continuation pour ce beau travail de journalisme que vous menez !

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